3e épisode de la série

“Les livres et vous”

Dans cette série, je donne la parole à certains d’entre vous qui racontent comment les livres et la lecture ont transformé leur vie…

Dans ce troisième épisode, Carine nous partage un livre-coup de coeur !

Bonne lecture, Aline

 

“Les trois vies de l’homme qui n’existait pas” est un roman de Laurent Grima. Il m’a été adressé directement par l’auteur dans le cadre des chroniques de livres que je réalise sur mon blog, La Voyageothèque, où je présente des ouvrages liés au voyage, aussi bien pour les adultes que pour les enfants.

 

 

Une lecture à partager

Pour être tout à fait honnête, j’ai commencé par repousser l’offre de Laurent Grima pensant que son roman n’entrait pas réellement dans ma ligne éditoriale. Il sut être persuasif, me promettant que je ne regretterais pas le voyage ! Alors, en grande amoureuse des mots et du voyage, je ne pouvais décemment pas refuser de le lire. D’un commun accord, il était convenu qu’aucune chronique de son roman ne serait publiée si elle ne trouvait pas sa place dans la Voyageothèque.

Assurément, plus je lisais le roman de Laurent Grima, plus j’étais certaine que je ne pourrais pas écrire d’article pour mon blog, le sujet relevant plus du voyage intérieur, voire du voyage initiatique, que du voyage géographique. Toutefois, plus j’avançais dans l’histoire, plus je savais que ce roman méritait une chronique. Il fallait que je parle de lui d’une manière ou d’une autre. Je ne devais pas garder ce petit chef-d’œuvre pour moi.

Entre temps, parce que le hasard fait bien les choses, je “rencontrais” virtuellement Aline et je faisais connaissance avec la bibliothérapie. J’appris énormément sur cette discipline en écoutant son premier podcast. Ce fut pour moi une sorte de révélation, la chronique des Trois vies de l’homme qui n’existait pas devait se trouver sur son site. Ce livre fait du bien. Il soigne l’âme. Là était sa place. C’était une évidence. J’ai alors contacté Aline qui a immédiatement accepté ma proposition de publier sur son blog. Finalement, cette phrase de Paul Eluard sied mieux à la situation : “il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous”. La lecture de ce roman et la rencontre avec la bibliothérapie se trouvaient sur mon chemin, sans aucun doute.

 

Une belle histoire

Les trois vies de l’homme qui n’existait pas, c’est l’histoire d’un homme qui entre brusquement dans la vie à trente-quatre ans. Jusque-là, il ne s’était soucié de rien. Il avait grandi dans la sécurité de l’amour inconditionnel d’un père. Mais voilà, cet homme auquel il tient tant meurt. Sa perte provoque un changement radical dans son quotidien qu’il doit désormais prendre en main.

Tino, aussi prénommé Antoine ou Günther, au gré de l’humeur du paternel, n’a pas d’existence légale. À sa naissance, ses parents ont oublié de le déclarer à l’État civil et n’y ont jamais remédié. Pas d’existence légale, mais trois identités liées à ses trois prénoms, trois vies qu’il devra mener intensément, comme il en a fait la promesse à son père avant son décès.

Accompagné du “chien” et au volant de son vieux Citroën aménagé, Tino vit simplement. En marge de la société dans laquelle il ne s’insère que pour trouver quelques moyens de subsistance, il va peu à peu évoluer au gré des rencontres et des questionnements qui surgissent. Sans souci du lendemain, il en vient à parcourir la France et une partie de l’Europe, non plus seulement pour profiter de la vie, mais pour partir à la recherche de ce qu’il est, de qui il est. Un voyage initiatique pour respecter une promesse, pour être.

 

Une plume délicate

L’histoire empreinte d’une grande humanité est soutenue par l’écriture douce et poétique de Laurent Grima. Celle-ci vous embarque dans un monde de soie, peut-être celui que l’on imagine lorsque l’on songe à la liberté. Tout le roman n’est d’ailleurs qu’éloge à cette liberté si chère à nos cœurs.

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“Plus tard, lorsque la nuit fut pleine, nous observâmes cette fois-ci côte à côte les étoiles. Moi fumant lentement une dernière cigarette, Saare laissant ses yeux se perdre dans cette voûte céleste qui était finalement notre seul bien commun. Combien de fois, chez lui, était-il allé chercher des espoirs dans ces mêmes diamants dans le ciel ? Un ciel d’un bleu intense qui répondait en miroir à cette Méditerranée si lointaine et si proche. Un ciel où je vis aussi dans chaque étoile filante les traces de mon père, les souvenirs de ces derniers jours et le désir des jours à venir.” Laurent Grima

 

Avec beaucoup de délicatesse, la plume fluide de l’auteur nous emmène tantôt pour découvrir les splendides paysages de France, d’Italie ou de Croatie, tantôt pour ressentir les sentiments, les émotions de Tino, un homme profondément attachant. L’écriture n’est alors que le reflet des traits de caractère du personnage, infiniment bon, tendre, bienveillant. De belles qualités, mises à l’honneur, sublimées.

Au “Ne sois pas si gentil, tu vas te faire avoir” que la société actuelle nous ordonne, le roman répond : sois tel que tu es, tu seras heureux. Voilà toute la subtilité des Trois vies de l’homme qui n’existait pas.

 

 

Un livre pour cheminer

Selon moi, ce roman constitue une lecture idéale dans notre cheminement, notre aspiration à une vie meilleure. Nous sommes tous, du moins je le crois profondément, dans cette recherche, de façon plus ou moins prononcée, plus ou moins impérieuse, en fonction de la période de la vie dans laquelle on se situe. Ce roman propose une voie, un chemin vers le bonheur. Vivre dans l’instant présent en serait une des clés.

Les valeurs qu’il porte : l’altruisme, la solidarité, l’amour de son prochain sont universelles et pourtant, elles nous font défaut aujourd’hui. Le simple fait que ces dernières soient au centre de l’histoire fait du bien. Ce livre fait du bien parce qu’il est profondément optimiste… la plupart du temps. Cependant, la vie n’est pas un long fleuve tranquille, n’est-ce pas ? Alors, il y a des coups durs, mais on sait que Tino s’en sortira. Pas parce qu’il serait plus fort qu’un autre, non, mais parce que l’histoire nous montre que tout est possible pour celui qui y croit.

En effet, bien qu’il s’agisse d’une fiction, Les trois vies de l’homme qui n’existait pas nous démontre que d’autres choix sont possibles, et que les rêves se réalisent lorsque l’on y met tout son cœur. Le chemin ne sera pas de tout repos, certainement pentu et sinueux, mais, en aucun cas, cela ne justifie de renoncer à ses idéaux ou à ses aspirations.

Il questionne sur le sens de la vie, sur la liberté, sur ce qu’on est, d’où l’on vient et où l’on va, sur la société dans laquelle on vit, son absurdité et sur ce qui fait de nous un homme, une femme, un être humain. Des réflexions qui résonneront en vous, certainement. Comme ne pas être touché·e par Tino, Antoine ou Günther, un homme aux multiples facettes, comme tout un chacun finalement, qui se démène pour vivre, pour être, simplement ?

“Les trois vies de l’homme qui n’existait pas”, c’est l’histoire de l’amour d’un fils pour son père, l’amour de la vie, de la liberté et de l’être humain. Un roman profond qui sonde l’âme. Une lecture qui donne le sourire et libère le cœur, assurément.

Si vous avez lu ce roman de Laurent Grima, Aline et moi-même serons ravies de lire ce que vous en avez pensé en commentaire !

Si, après la lecture des Trois vies de l’homme qui n’existait pas, vous êtes tenté·e de découvrir d’autres ouvrages qui vous emmènent en voyage, pensez à la Voyageothèque ! Au plaisir de vous y retrouver.
Carine Poirier

 

PS : pour découvrir les deux premiers épisodes de cette série “Les livres et vous”, c’est ici : épisode 1 et épisode 2.

 

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