Bienvenue dans ce 11e épisode du podcast “Des livres pour cheminer” !

 

Interview d’Alexandra Ughetto, auteure du roman jeunesse “Chloé des loups”

Interview d'Alexandra Ughetto pour son premier roman, Chloé des loups

Instagram est une mine d’or pour découvrir de nouveaux auteurs et de nouveaux livres. Comme j’ai la chance d’avoir une chouette communauté sur ce réseau, des auteurs me contactent régulièrement pour m’offrir leurs livres. C’est donc avec grand plaisir que j’ai accepté la proposition d’Alexandra Ughetto et que je me suis plongée dans son premier roman, “Chloé des loups”.

Cette lecture m’a énormément plu et j’ai eu envie de rencontrer son auteure pour parler de la particularité de ce livre : il s’agit du premier roman de développement personnel à destination des jeunes ! Que tous ceux que les romans de développement personnel rendent perplexes : rassurez-vous… Comme je l’ai dit à Alexandra lors de notre interview, j’ai surtout trouvé dans ce livre un bon roman, plaisant à lire, avec une histoire qui nous embarque dans un monde dont on peine à sortir. L’aspect “développement personnel” est matérialisé par quelques pages insérées entre certains chapitres et qui représentent le journal intime dans lequel l’héroïne, Chloé, note les découvertes qui l’aident à faire face aux difficultés qu’elle traverse.

Malgré quelques épisodes mouvementés dans le récit, l’impression que je retire de cette lecture est une grande douceur, qui m’accompagne encore aujourd’hui alors que je repense à ce livre. Peut-être grâce à la place que tiennent les éléments de la nature dans le récit, peut-être à cause de la grande force de caractère de Chloé, peut-être parce que je l’ai lu dans un moment un peu chahuté où il m’a tenu compagnie… Douceur que vous retrouverez dans cette interview d’Alexandra Ughetto !

Avant de l’écouter, et pour vous faire une idée du contenu de l’histoire, vous pouvez lire ma chronique de “Chloé des loups” dans cet épisode de “C’est lundi, que lisez-vous”.

 

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Interview d’Alexandra Ughetto, auteure du premier roman jeunesse de développement personnel : version texte du podcast

Bonjour, c’est Aline du site Des livres pour cheminer, et bienvenue dans le onzième épisode de ce podcast !

Aujourd’hui, je vous propose de rencontrer Alexandra Ughetto, auteure du premier roman jeunesse de développement personnel, “Chloé des loups”. C’est un livre que j’ai beaucoup aimé et j’ai eu envie de rencontrer celle qui l’a mis au monde ! Alexandra est sociologue, animatrice d’un podcast, et s’est lancée presque par hasard dans l’écriture de ce roman, comme elle va nous l’expliquer.

Aline : Bonjour Alexandra ! Merci beaucoup d’être avec moi dans ce podcast, je suis très heureuse que tu aies accepté mon invitation.

Alexandra Ughetto : Merci Aline, bonjour !

Aline : J’ai eu envie de t’interviewer parce que j’ai lu ton premier roman, “Chloé des loups“ qui m’a énormément plu je dois dire, et j’ai eu envie d’en discuter avec toi. Mais avant de parler de ton livre, est-ce que tu pourrais te présenter un petit peu, nous expliquer un peu ton parcours. Je crois que tu as différentes casquettes, est-ce que tu peux nous en dire un petit peu sur ce qui t’a amenée à écrire ce livre ?

Alexandra Ughetto : D’abord merci, je suis ravie que ce livre t’aie plu. Il est important pour moi dans ma vie, donc c’est toujours une joie quand il est bien accueilli.

Pour me présenter, je suis sociologue et philosophe de formation. J’ai un job classique, je suis consultante et sociologue dans les entreprises. Et j’ai à côté de ça un engagement important, depuis plusieurs années maintenant, auprès des femmes, qui est appuyé sur principalement mes connaissances en sociologie, ainsi que des connaissances en développement personnel que j’ai acquises sur plusieurs années. Et mon engagement c’est d’aider les femmes à être libres d’elles-mêmes en sortant des conditionnements et des loyautés familiales.

Aline : Super. Pour ceux qui n’auraient pas encore lu ton livre, est-ce que tu pourrais nous présenter “Chloé des loups“, nous dire en quelques mots de quoi parle ton roman ?

Alexandra Ughetto : “Chloé des loups“ est un roman initiatique jeunesse. C’est une fiction, l’histoire d’une jeune fille dans un univers imaginaire. Cette jeune fille de 17 ans est engluée dans une famille assez épouvantable. Elle a devant elle une destinée assez épouvantable également. Et elle a une année pour pouvoir choisir un chemin différent. Sauf qu’elle est morte de trouille. Donc cette année va être pleine de rebondissements pour qu’elle réussisse à s’émanciper.

Aline : Oui, effectivement ! Donc, ce livre est présenté comme un roman pour les jeunes de développement personnel. Pourquoi est-ce que tu as eu envie d’écrire pour les jeunes et pourquoi du développement personnel ?

Pourquoi un roman de développement personnel pour les jeunes ?

Alexandra Ughetto : Alors, je vais commencer par répondre à pourquoi du développement personnel. J’ai découvert ce monde illimité du développement personnel il y a une vingtaine d’années et cette découverte m’a ouvert énormément de perspectives, bien plus que je n’aurais pu l’imaginer. Et c’est important pour moi aujourd’hui de transmettre en quoi certaines connaissances ou certains outils peuvent être réellement transformateurs dans nos vies et vecteurs de liberté. C’est important pour moi de transmettre ça.

Après, pourquoi les jeunes ? Je pense qu’il y a deux raisons à ça. D’abord la première : finalement je ne l’ai pas vraiment voulu comme ça au départ, mais cette idée de roman “Chloé des loups“ m’a vraiment été offerte par le personnage, j’en suis absolument certaine qu’elle est venue toquer à la porte de mon inspiration pour que je raconte son histoire. Une nuit, j’ai pensé à elle, j’avais son prénom, l’histoire avec son père, l’univers Anturia autour d’elle. C’était tellement clair, et à l’époque jamais de la vie je n’aurais imaginé écrire un roman. Donc, ce qui a toqué à ma porte c’est raconter l’histoire d’une jeune fille de 17 ans.

Et bien sûr, en étant tellement portée par le développement personnel et par ce que ça a pu m’apporter pendant toutes ces années, au fil de l’écriture, assez vite je me suis dit que cette héroïne avait un potentiel initiatique très fort. Et si, en plus de ce potentiel initiatique, j’essayais d’y amener un peu de pédagogie. Pas trop, parce qu’à cet âge-là on aime lire pour se distraire. On n’a pas forcément envie de lire un bouquin pratique de développement personnel, mais un peu quand même. Et de fait est arrivée l’idée du carnet intime de l’héroïne qui me permet de temps en temps dans le récit, et à l’appui d’un chapitre un peu fort qu’elle vient de traverser, de pouvoir décoder quelques connaissances de développement personnel.

On va dire que ce sont les deux premières raisons. A cela s’en ajoute une troisième : quand j’étais jeune, j’étais très, très engagée autour d’une carrière artistique, je voulais être chanteuse d’art lyrique. Je suis allée vraiment très, très loin dans la formation. Cela dit, comme j’avais la tête bien faite, ce n”était pas vraiment le projet que mes parents avaient pour moi. Et je pense qu’inconsciemment j’ai intégré la destinée qu’ils projetaient sur moi. Et je me suis certainement auto-sabotée toute seule. J’ai dû renoncer à cette carrière à la suite d’une calcification du pharynx qui m’empêchait définitivement de pouvoir être professionnelle. Et je suis assez convaincue, un regard ultérieur m’a permis de comprendre que je me suis probablement auto-sabotée. Et si à l’époque j’avais eu connaissance des croyances limitantes, de la question des conditionnements familiaux et sociétaux, peut-être aurais-je pu éviter ça.

Donc c’est important pour moi aujourd’hui de toucher un public jeune et de lui transmettre, je l’espère, quelques outils et connaissances qui leur permettront de faire des choix plus éclairés.

Aline : Tout à fait. J’ai trouvé que c’était très agréable comme tu as intégré ce carnet de Chloé dans l’histoire. Ça fait une petite pause de temps en temps avec des choses constructives sans que ça coupe trop l’histoire.

Alexandra Ughetto : Oui c’est ça, j’ai mis un peu longtemps à trouver le bon format. A l’origine ça devait être un carnet mais qui était à la fin du roman et qui permettait à postériori de pouvoir décoder quelques étapes assez importantes dans le cheminement de Chloé. Et rapidement je me suis dit qu’elles ne seraient pas lues, ces pages, si elles étaient à la fin du livre. Et en même temps je ne voulais pas qu’il y en ait trop non plus au milieu du livre pour ne pas casser le fil du récit. Et le fait que l’héroïne ait un carnet intime, qu’elle trouve en plus de manière un peu magique, que ce carnet intime l’accompagne, finalement on a trouvé être la bonne solution, sachant que moi-même des carnets comme ça j’en ai plein, j’ai écrit plein depuis 20 ans ! Donc je me suis servi de ma propre expérience.

Aline : D’accord, et dans ton histoire, chaque être naît et meurt d’une roche et vit une espèce de symbiose avec une roche. Et j’ai été très touchée par la relation que les personnages avaient avec cette roche, avec tout leur environnement naturel finalement. Avec les éléments aussi, il y a beaucoup le vent qui entre dans l’histoire. Est-ce que c’était une thématique importante pour toi et quels étaient les autres thématiques que tu voulais amener dans cette histoire pour les transmettre finalement aux jeunes qui allaient te lire ?

Alexandra Ughetto : Alors merci de l’avoir remarqué, parce que ça ne touche pas tous les lecteurs. Mais c’était tellement important pour moi que l’héroïne puisse vivre dans un temps où finalement on avait oublié que la connexion au vivant est une ressource tellement importante pour survivre et qu’elle le redécouvre. Ça c’était important pour moi, et qu’elle puisse le redécouvrir notamment par sa capacité à s’émerveiller et à trouver que le vivant était beau. Chloé est très émerveillée et dans un état intérieur extrêmement puissant lorsqu’elle est dans la nature, lorsqu’elle danse. C’était important pour moi que, par le corps et par la nature, ce personnage puisse se sentir plus fort. Notamment en écrivant pour les jeunes qui aujourd’hui sont quand même hyper connectés et du coup sont aussi dans une vie hyper mentalisée, parfois décorrélée de tout lien avec la nature. C’était important pour moi que cette héroïne puisse avoir cet ancrage très fort.

Aline : Oui, ça ressort très bien. Moi qui suis très sensible à la nature, ça m’a beaucoup plu. Est-ce qu’il y avait d’autres thématiques que tu as voulu mettre en avant dans ce roman ?

Alexandra Ughetto : Oui, il y a une autre thématique qui de fait va être perçue en fonction de l’âge. Pour moi, c’était important de parler des croyances ancestrales, de ce qu’elles avaient de très pur et de très direct, à la nature et au divin, et de pouvoir, par cette histoire qui est quand même l’histoire de deux jeunes chamanes, transmettre des messages sur le fait que ces savoirs ancestraux sont encore vivants en nous, dans nos cellules, et qu’on peut en faire quelque chose de très joli, qui est dépourvu de tout occultisme ou de tout ésotérisme, mais qui est une relation très belle à la nature et à notre environnement.

Aline : Oui absolument. Et tu l’as dit tout à l’heure, tu as aussi un engagement particulier pour les femmes. Est-ce que c’est pour ça que c’est une héroïne et pas un héros. Et puis que finalement toute l’histoire tourne autour de plusieurs femmes clés ?

Alexandra Ughetto : Ah oui, je pense que ce n’est pas par hasard qu’une héroïne est venue et s’est imposée dans ma vie et dans mon inspiration, même si elle est arrivée directement avec son père. C’est deux personnages phare qui se sont imposés. C’était évident pour moi qu’elle s’inscrivait dans une lignée de femmes. Que cette lignée de femmes d’ailleurs avait perdu de son pouvoir et que ce pouvoir s’était dévoyé au fil des générations. Et que c’était important pour cette jeune fille de pouvoir justement se reconnecter à la puissance de la lignée de femmes qui était dans sa vie et en faire quelque chose pour elle.

Je pense que, en tant que femmes, nous ne profitons pas assez de tous les bénéfices et de toutes les libertés et de toutes les batailles qu’ont gagnées les femmes avant nous. Il y a les femmes de nos lignées, il y a aussi les femmes plus emblématiques qui sont finalement assez peu connues. On en connaît certaines mais pour d’autres, l’immense majorité des autres a sombré dans l’oubli. Nous avons beaucoup de repères masculins, surtout sur des personnages qui ont réussi des choses très fortes et très puissantes. Et c’est important pour moi de rééquilibrer ça.

Aline : Oui, absolument. Si on en vient maintenant à la lecture et au livre de manière plus générale, quel rôle ont joué la lecture et les livres dans ta vie à toi avant d’écrire ce roman ?

Le parcours d’Alexandra avec la lecture et l’écriture

Alexandra Ughetto : C’était merveilleux ! J’ai souvenir de la découverte de la lecture en CP comme une découverte magique. J’ai adoré lire. Je me suis sentie tellement libre de pouvoir moi-même choisir mes livres, choisir mes sujets. Même toute petite, j’étais tellement heureuse de pouvoir lire. Je l’ai toujours associée à la liberté d’apprendre des choses par soi-même et de découvrir par soi-même. Et depuis toute petite j’ai été convaincue que c’était très puissant dans une vie, la lecture. Alors évidemment, en étant plus jeune, c’est venu par les romans. Et à l’époque d’ailleurs des livres pratiques il y en avait quand même moins. Mais par la suite, j’ai fait des études de philo et évidemment j’ai trouvé que ces lectures étaient une source d’émancipation forte. Et enfin la découverte, plus tard encore, des lectures de développement personnel a été vraiment une bombe atomique dans ma vie.

Aline : Du coup, pourquoi as-tu choisis de faire passer le message que tu avais envie de faire passer sous cette forme, en écrivant un livre ? Est-ce que tu avais déjà écrit avant ? Quel est ton processus avec cette écriture ?

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Alexandra Ughetto : C’est un peu le hasard, je dois bien le reconnaître. A l’origine, il y a un tournant qui s’est opéré dans ma vie, qui a été là il y a une dizaine d’années, où j’ai découvert que cette identité d’artiste qui était très puissante en moi quand j’étais chanteuse était en deuil et que bien que j’ai fait une carrière en entreprise qui était plutôt chouette, et puis de belles études, cette identité-là n’était pas nourrie en moi et que c’était douloureux. Donc j’ai choisi à l’époque, quand j’avais 40 ans, le chant c’était terminé, de toute façon mon pharynx ne me l’aurait pas permis, j’ai choisi d’ouvrir un autre canal créatif. Enfant, j’aimais beaucoup écrire. J’écrivais surtout de la poésie, et surtout j’aimais tellement lire. J’aimais les mots, j’aimais les mots. J’ai souvenir de premières lectures de Michel Tournier, avec cette découverte de la force du langage, et d’en avoir été dans un état d’exaltation pas possible, même si la moitié du temps j’étais dans mon dictionnaire pour comprendre les mots qu’il utilisait ! Et donc je me suis dit que tiens, l’écriture ça pouvait être quelque chose de puissant pour moi.

Voilà, mais ça a été juste ouvert et la première idée a été d’écrire un livre pratique de développement personnel pour témoigner de ce que j’avais appris et de ce qui avait été transformateur pour moi. Je ne m’attendais pas du tout à un roman. D’ailleurs, quand l’idée de “Chloé des loups“ est venue à moi, je ne m’en suis même pas tout à fait sentie à la hauteur. Elle m’a beaucoup intimidée cette histoire. J’ai commencé par écrire d’autres choses, un texte bien plus autobiographique qui ne sera jamais publié d’ailleurs parce qu’il n’en vaut pas la peine. Mais je n’ai pas osé tout de suite écrire ce roman, ça a été un combat pour moi que de m’autoriser à écrire une fiction. Parce que j’étais probablement très, très impressionnée par les grands auteurs que j’avais lus et que j’avais passionnément aimés, ça a été assez difficile de me dire que moi aussi je pouvais peut-être entrer dans la danse, très modestement, mais quand même dans la danse.

Aline : C’est tout à fait réussi en tout cas ! Donc visiblement tu as une belle histoire avec la lecture et tu as écrit un livre pour les jeunes. Quel regard est-ce que tu portes sur la relation entre les jeunes et la lecture aujourd’hui ? De mon expérience en tant que bibliothécaire scolaire avec un public d’ados, je vois que ce n’est pas très facile. Comment est ce que tu vois ça ?

Les jeunes, la lecture et le développement personnel

Alexandra Ughetto : C’est vrai que ça n’est pas très facile de les faire lire. Moi même j’ai deux garçons de 11 ans qui sont des pré-ados on va dire. Ils lisent beaucoup mais c’est difficile de leur faire lire des romans et ils sont plutôt attirés par les BD, par les mangas. C’est vrai qu’ils ont un rapport à l’image qui est certainement plus facile et une connexion aussi aux réseaux sociaux et autres qui les occupent beaucoup. Néanmoins, il y a quand même encore des lecteurs acharnés parmi les jeunes. Ma surprise a été la réaction des très jeunes avec “Chloé des loups“. Sur les 11-14, j’ai vraiment eu beaucoup de retours tout à fait bouleversants. Je ne pensais pas même qu’à 11-12 ans on pouvait déjà lire des livres de cet ordre-là.

Et en fait, je découvre que les petites filles qui viennent vers moi pour faire signer leurs bouquins, qu’en fait elles ont déjà lu tous les Harry Potter et ont même déjà lu les Hunger Games. Enfin voilà, elles sont déjà sur des niveaux de lecture qui semblent impressionnants. Donc j’ai l’impression quand même que, bien que leur monde soit très virtuel, très connecté, il y a encore une place pour la lecture, même si j’imagine que ce n’est pas simple et que ce n’est pas le cas pour la majorité.

Aline : Tout à fait. Justement, c’était une question que je voulais te poser par rapport aux retours que tu as eu des jeunes sur “Chloé des loups“. Est-ce que tu as eu un retour par rapport à la partie développement personnel ? Est-ce que ça les touche ? Est-ce qu’ils ont l’impression de pouvoir utiliser ça dans leur vie ? Est-ce que ça les aide d’une certaine manière ?

Alexandra Ughetto : Oui, j’ai eu des retours très touchant pour ça. Sur les plus jeunes, c’est marrant, il y a des tranches d’âge qui font qu’ils vont prendre certaines choses ou pas. Par exemple, sur les jeunes ados, ce qui leur parle beaucoup c’est la peur. Donc les pages du carnet de Chloé sur comment avancer avec sa peur et les pages sur comment se rassurer en se connectant à son enfant intérieur, ça ça leur parle énormément, ainsi que celles sur comprendre sa colère.

Voilà, sur les plus jeunes c’est ça qui prend très, très fortement. Sur un public plus young adult, ils vont aller plus raisonner sur les croyances limitantes, sur les bienfaits de la pensée positive, sur la méditation, la respiration. Ça, ça va plus les interpeller. Et j’ai eu des témoignages tout à fait touchants de jeunes qui m’ont dit qu’il y aura un avant et un après. Il faut dire qu’à cet âge-là, ils ne lisent pas de livres pratiques de développement personnel parce qu’ils ont déjà un programme scolaire tellement chargé et n’ont aucune envie de lire des livres pratiques. Donc, en tout cas pour les retours que j’ai eus, c’était la première fois qu’ils étaient véritablement confrontés à du texte de développement personnel et ça les a marqués.

Après, un retour qui était complètement inattendu c’est le retour des mamans. En fait, ce roman est beaucoup offert par les mamans à leur fille, et ça je ne m’y attendais pas du tout. D’abord je ne m’attendais pas du tout à ce qu’il plaise autant aux adultes, ça c’est la surprise. Peut-être que la dimension plus spirituelle du roman, et justement de plus de connexion au vivant, est quelque chose qui va résonner très fort avec les adultes. Mais là où j’ai eu des témoignages trop beaux c’est les mamans qui m’ont dit que les pages grises du carnet de Chloé, qui sont matérialisées en gris dans le texte, leur ouvraient un espace de discussion avec leurs ados sur des sujets de fond qui n’étaient plus si simples à aborder en direct. Parce que, quand on est maman, on n’est pas toujours la mieux placée pour parler avec ses enfants, surtout de sujets comme la peur, la colère et autres. Et que non seulement ça leur donnait un argumentaire avec des mots que j’ai déjà choisis, et puis un argumentaire bien structuré autour d’une thématique, elles pouvaient vraiment s’en inspirer pour ouvrir l’espace de discussion. Mais aussi que le détour par l’héroïne, Chloé, leur permettait finalement de parler de ces choses-là sans forcément parler de leur fille, et du coup ouvrait un espace de discussion qui était un joli espace pour parler de Chloé et en même temps le sujet de l’adolescence.

Ça c’était très, très beau, et de fait, depuis, j’anime des ateliers Maman-Ado où j’organise une rencontre, on prend une thématique du carnet de Chloé que je lis, et ensuite on échange entre les mamans et les ados. Ça ne se fait qu’avec les jeunes ados, jusqu’à 14 ans. Après, honnêtement, elles n’ont plus rien envie de faire avec leur maman, et c’est normal. Mais voilà, ces ateliers sont très mignons, j’y prends un immense plaisir.

Aline : C’est génial, ça veut dire que c’est une lecture familiale finalement, que tout le monde peut le lire et ça permet une discussion, c’est chouette c’est ça !

Alexandra Ughetto : C’est ça, et ça je ne m’y attendais pas du tout. Au contraire même, j’ai plutôt écrit ce roman en disant : “Je veux que l’histoire intéresse les jeunes et qu’ils la lisent pour l’histoire et qu’au détour de l’histoire ils découvrent des choses.“ Je n’avais pas nécessairement envie que ce livre soit prescrit par quelqu’un d’autre. Et au final si, et ça marche très bien, c’est une surprise.

Aline : Oui, super ! Est-ce qu’il y aura un deuxième tome de “Chloé des loups“ pour la suite ?

De la difficulté de publier un livre de développement personnel pour ados…

Alexandra Ughetto : Oui, il y a une suite qui est prévue. Peut-être que ça ne sera pas le prochain livre publié, parce que faire publier ce roman qui est un ovni, parce qu’un roman de développement personnel aussi clairement affiché ça n’existait pas, donc ça a été compliqué de le faire éditer, ça a pris deux ans, trois même avec le processus éditorial derrière. Donc de fait j’en avais commencé un autre entre temps qui peut-être est celui qui sera publié avant. Mais il y aura un Chloé 2, je suis très au clair sur ce qu’il y aura dedans. Oui, oui, il y aura un Chloé 2 !

Aline : D’accord, je me réjouis de lire. Quand tu dis que ça a été difficile de le faire éditer, quelles étaient les barrières par rapport à un roman de développement personnel pour les jeunes ?

Alexandra Ughetto : La barrière c’est que un, ça n’existe pas. Donc quand ça n’existe pas, finalement, comment dire, la case en terme de marketing n’existe pas non plus. Ce qui est encore le problème que vit le roman aujourd’hui, on ne sait pas trop bien dans quelle étagère le mettre. Certains libraires choisissent de le mettre dans l’étagère jeunes adultes, d’autres ados, parce que finalement j’ai découvert qu’il y avait même pas d’étagères littérature jeunesse, en fait. C’est très scindé, en tout cas en France, peut-être pas en Suisse d’ailleurs.

Aline : Je pense qu’il y a quand même des publics différents pour des types de romans différents, donc je peux comprendre.

Alexandra Ughetto : Et de fait, alors voilà, les libraires ne savent pas s’il faut le mettre en ado ou s’il faut les mettre en young adult. Il y a même des libraires qui, ayant eu connaissance de mes ateliers, le mettent maintenant dans les étagères parentalité. Donc la difficulté à le faire éditer était celle-là. Le côté hors casting connu.

Aline : C’est marrant parce qu’en fait la différence c’est vraiment ces “pages théoriques“ du carnet de Chloé. Parce qu’il y a des tas d’histoires qui parlent aux jeunes de toutes sortes de situations qu’ils vivent, un peu comme ton histoire. Sauf qu’il n’y a pas ces pages qui explicitent ce que l’histoire veut nous transmettre, finalement.

Alexandra Ughetto : Tout à fait, je suis bien d’accord avec toi.

Aline : Tu as ouvert une brèche pour les prochains auteurs.

Alexandra Ughetto : C’est ça. J’espère que d’autres vont s’y engouffrer, parce que je suis vraiment convaincue que c’est utile pour eux.

Aline : Oui, parce que quand j’ai lu ce roman, pour moi j’ai lu un roman, je n’ai pas eu l’impression de lire un livre de développement personnel, même si effectivement il y a ces pages qui apportent un plus. Mais pour moi c’est d’abord un roman. C’est marrant qu’il y ait ce genre de résistance.

Alexandra Ughetto : Eh ben tant mieux ! Merci, j’aime beaucoup ce retour !

Aline : C’est d’abord l’histoire qui est sympathique et agréable à lire, dans laquelle on se laisse prendre, etc. Donc oui, je pense que c’est intéressant.

Alexandra Ughetto : Ça c’était vraiment l’intention de départ, que l’histoire porte elle-même et qu’elle amène à s’intéresser, en second, à des sujets de développement personnel.

Aline : Est-ce qu’il y a encore quelque chose que tu aimerais dire, tu aimerais partager par rapport à ce roman ou à ton parcours ?

Alexandra Ughetto : En fait, je voudrais surtout partager, le titre, du coup je ne sais pas si c’est un podcast, un blog, mais ton titre “Des livres pour cheminer“, il est magnifique ce titre. Parce que je pense que la lecture sert à ça, à cheminer en soi, à s’évader, à envisager des chemins ou d’autres, à faire des choix. Donc j’adore le titre de tout ce que tu fais sur les réseaux sociaux.

Aline : Merci ! C’était vraiment mon idée de me dire que les livres sont des compagnons, des outils qui nous accompagnent comme ça, voilà, qui nous permettent d’évoluer, de cheminer tranquillement, voilà, des choses qui nous accompagnent.

Alexandra Ughetto : Egalement, mais tout à fait. Et moi qui ai accordé tellement d’importance à la lecture dans ma vie, comment te dire que ton métier de bibliothérapeute me fascine !

Aline : En fait, c’est rigolo, parce que ce n’est pas forcément différent de ce que certaines personnes font déjà, c’est-à-dire justement utiliser des livres pour s’accompagner et pour s’aider sur leur chemin. Sauf que là c’est explicité de manière peut-être plus directe. Mais c’est ce que plein de gens font déjà, finalement.

Alexandra Ughetto : Oui, c’est un peu comme la démarche de “Chloé des loups“. C’est expliciter de manière un peu plus directe, mais ça ressemble quand même à des romans initiatiques tels qu’il y en a eu d’autres.

Aline : Absolument, c’est vrai. Encore autre chose que tu aimerais dire ?

Alexandra Ughetto : Non, merci, merci pour tes questions.

Aline : Avec plaisir. Où est-ce qu’on peut retrouver ton actualité, est-ce que tu as un site web ? Je sais que tu animes aussi des podcasts. Donc quels sont-ils et où est-ce qu’on peut les trouver ?

Alexandra Ughetto : Alors, toute mon actualité est détaillée sur mon site internet alexandraughetto.com Là on y trouve mon actualité, on y trouve aussi l’accès à mon podcast “La petite chronique lumineuse“ qui est un podcast de développement personnel. Donc des petites capsules très courtes sur des thématiques choisies de développement personnel. Je devrais d’ailleurs prochainement lancer un autre podcast pour justement faire sortir les femmes inspirantes de l’oubli, en essayant de corréler l’histoire d’une femme emblématique, ce qu’on peut apprendre d’elle et utiliser pour nous-mêmes dans notre vie d’aujourd’hui.

Après on me trouve sur les réseaux sociaux, sur Facebook, sur Instagram où je publie vraiment très fréquemment sur ce que je fais, que ce soit le roman, les podcasts, ou tout simplement les conseils.

Aline : D’accord, super. Merci beaucoup d’avoir participé à cette interview, à ce podcast. Et puis on se réjouit beaucoup de lire la suite !

Alexandra Ughetto : Merci beaucoup Aline, c’était un grand, grand plaisir pour moi d’être interviewée par toi.

Aline : Avec plaisir ! A bientôt.

Alexandra Ughetto : A bientôt !

 

Voilà, c’est la fin de cet épisode du podcast Des livres pour cheminer ! J’espère que cette discussion avec Alexandra vous a donné envie de lire “Chloé des loups” ou de l’offrir à vos ados, puisque comme vous l’avez entendu, il semble que ce livre donne naissance à de beaux échanges intergénérationnels !

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Crédit du générique : Ave Marimba Kevin MacLeod (incompetech.com)
Licensed under Creative Commons: By Attribution 3.0 License
http://creativecommons.org/licenses/by/3.0/

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